Jeu



Je joue à faire semblant,
Après tout, la vie n’est qu’un jeu.
Un jet de dés, le chiffre tombe.
On avance de trois cases,
On recule de deux, on passe son tour.
Qu’importe, ce tour reviendra vite
Où l’on pourra rejouer.
Tout jeu a une fin,
Qu’importe si l’on gagne ou si l’on perd.
Un jour aussi notre vie finira.
Qui pourra dire que l’on aura gagné ou perdu ?
Qu’importe, la partie sera finie.
Alors, en attendant, je joue à faire semblant,
Je joue à saisir l’instant qui s’offre,
Je joue à lancer le dé,
Et je regarde où il me mène.
C’est la surprise, c’est la vie,
Qu’importe, c’est le jeu.
Alors, en attendant, je joue à faire semblant.

Valéry Sauvage – 7 janvier 2023

Nuit d’hiver


Une nuit froide et pure,
Où brillent les étoiles,
La lune, au-dessus des arbres,
Éclaire le jardin.
Sous sa lumière blanche
On voit l’herbe givrée.
L’appel de la chouette
Vient troubler le silence.
Moment calme et serein
Où l’on peut oublier
L’agitation du monde
Et la folie des hommes.
Une nuit froide et pure,
Où l’on peut oublier
Notre propre tourment
En rêvant à la lune.
Et de nouveau la chouette
au retour de chasser,
On suit des yeux son vol,
La belle dame blanche.
Et l’on reprend nos rêves,
Douce contemplation
Du squelette des arbres
Dans l’hiver qui s’annonce.

Valéry Sauvage – 2013

Propos de circonstance…

Le bonheur que l’on se souhaite en ce jour, et que souvent on recherche en vain tout autour de nous, partout dans le monde, et dans les personnes que l’on rencontre, ce bonheur est en nous, depuis le début, et jusqu’à la fin, mais nous ne savons pas le voir. Il ne dépend pas des circonstances extérieures, il est toujours là, mais nous ne regardons pas dans la bonne direction, nous regardons toujours au dehors, alentours, partout, mais pas au fond de nous. C’est ce qu’il nous faut apprendre, à regarder en nous et y trouver cette joie profonde, et c’est tout ce que je vous souhaite.

Voici la lune, lors du dernier jour de l’année 2022…

Une comptine

Bien malin, petit lapin !
un peu nouille, la grenouille ?
il est tout rond le hérisson,
rond comme l’œil de l’écureuil.
si mignon le petit mouton,
mais le corbeau n’est pas si beau.
le petit ange ? C’est la mésange.
vole plus haut petit oiseau,
fais gaffe au chat planqué là-bas.
Le chien aboie après les oies
mais elles font un si grand bruit,
bien plus que lui qu’il se replie
dedans sa niche, il est pas chiche.
Oh ! un mulot, un escargot,
la coccinelle qui est si belle.
Envole-toi petit insecte,
car dimanche je vais à la pêche !

Valéry Sauvage



La neige


Sous ses pas lourds,
la neige crisse
et son chien suit,
la tête basse.

Le dos courbé,
il va luttant
contre le vent
qui le repousse.

Longue est la route
qui le ramène
à la maison,
parmi les siens.

Depuis longtemps
qu’il est parti,
qui l’attendra
devant le feu ?

Un bol de soupe,
un doux sourire,
tu es enfin
le bienvenu.

Après la guerre,
après la mort,
le désespoir,
trouver repos.

Et au printemps ;
courir les champs
avec son chien
et les oiseaux.

Sur un muret,
pouvoir s’asseoir
parmi les fleurs,
près du ruisseau.

Mais dans la neige
il trébuche
et le chien hurle,
hurle à la mort.

Valéry Sauvage (2013)