Un ukulélé centenaire !

Voici un ukulélé qui a été fabriqué en 1919. Les archives de la société Martin indiquent une production qui démarre en mai de cette année là.

M19 face
Martin 1k 1919

Quelques points de repères

Martin, fabricant de guitares réputé, débute la production d’ukulélés en 1907, mais celle-ci reste anecdotique jusqu’en 1916, où elle démarre réellement et connaît une forte croissance et un grand succès jusque dans les années 1960.

Les premiers ukulélés sont faits de bois d’acajou, mais un distributeur californien demande à Martin des instruments en bois de koa (acacia hawaiien). Un premier instrument est fabriqué en 1917, puis la production en série démarrera en mai 1919, avec 150 instruments construits cette année-là.

 

 

 

L’instrument présenté ici fait partie de ces 150 premiers ukulélés soprano en koa de la firme Martin.

Les caractéristiques

Tout d’abord le bois de koa utilisé, assez peu ondé (contrairement à ce qu’on verra plus tard, Martin demandant à ses fournisseurs des bois ondés, plus rares, pour ses gammes supérieures).

côté Martin 19
Vue de côté : les éclisses

Les spécifications de ce modèle sont les suivantes, outre le bois :

Il y a un filet de palissandre qui entoure la table (les années suivantes un filet identique sera ajouté aussi au dos).

La touche est très fine, en palissandre de Rio. Les points de repères sont de petit diamètre, et placés aux cases 5, 7 et 9. (dès l’année suivante, le dernier repère sera déplacé sur la case 10).

Les sillets de chevalet et de tête sont en érable (dès l’année suivante, ils seront en ébène).

 

 

 

 

Ces éléments permettent de dater précisément la fabrication de l’instrument en 1919 car ces caractéristiques ne se trouvent réunies que sur la toute première série de sopranos 1K.

Pour les mécaniques, les instruments de cette série sont habituellement équipés de chevilles de bois, sauf une série spéciale, livrée au distributeur « Southern Cal » et ces instruments portent une marque au fer différente, spécifique au distributeur. Or l’instrument que je possède porte bien la marque au fer Martin, mais est équipé des mêmes mécaniques de marque Champion (que Martin installera également pour des ukulélés livrés à Oliver Ditson). Peut-être s’agit-il d’une commande spéciale d’un client qui voulait ces mécaniques ?

 

 

 

Toutes ces informations sont issues de la « bible » des ukulélés Martin : The Martin Ukulele, de Tom Walsh et John King, édité par Hal Leonard.

Et enfin, voici de la musique jouée sur cet instrument :

 

Publicités

Musique médiévale – Guiterne

Un nouvel instrument, fait de main de maître par le luthier Ugo Casalonga.

Aussi beau que bien sonnant. Un régal. C’est une copie, inspirée librement de la fresque qui se trouve à Assise (Italie) par Simone Martini, datant de 1321.
L’air est un air traditionnel Sépharade, arrangé par mes soins. Je ne suis qu’un amateur, donc pas spécialiste de cette musique ni du jeu au plectre, donc c’est ma propre version, juste pour le plaisir, aucune prétention de vérité musicologique.

Fantômes intimes – critique de disque

Je viens de recevoir un disque très particulier, œuvre de mon ami Jodël Grasset-Saruwatari, intitulé « Fantômes Intimes ».

J’ai rencontré Jodël au département de musique ancienne du conservatoire de Toulouse, il y a quelques années. Spécialisé dans la musique médiévale, il faut le voir jouer du psaltérion à deux archets (entre autres instruments). Mais avec cet opus, ne vous attendez à entendre des échos du Moyen Âge.

Ici c’est un voyage très personnel auquel il nous invite, une méditation improbable où se mélangent les genres. Je ne vais pas lister les styles dont le musicien s’inspire, ils sont très nombreux et variés, au point qu’on pourrait craindre de s’éparpiller dans tous les coins de la planète et d’ailleurs, mais non, l’ensemble est très bien construit et parfaitement cohérent, si bien que le disque s’écoute d’un bout à l’autre sans une seconde d’ennui, avec ce qu’il faut de surprises, de clins d’oeil. Non décidément je ne pourrais pas classer cet ovni musical, ce serait réducteur de dire qu’il s’agit de musique méditative new-âge bien qu’indéniablement son écoute inspire à une introspection sereine, comme une visite à un temple Zen ,au Japon, où Jodel aime à se rendre souvent. Le musicien dit lui-même que c’est une musique de film qu’il propose, à nous de nous faire nos propres images sur la bande son qu’il a concoctée.

J’ai adoré, dès la première écoute et je vous le recommande chaudement.

(à commander directement sur le site de l’auteur).

http://jodel-grasset.fr/?js_albums=fantomes-intimes

Mal Simmes – Luth

Une pièce de luth, de Nicolas Vallet (un de mes compositeurs favoris). Un luthiste Français émigré aux Pays-Bas (pour des raisons de religion). Il a édité  au début du XVIIe siècle plusieurs livres de musique pour luth, en solo et avec chant (psaumes). Une musique belle et simple comme cet air d’inspiration Anglaise : Mal Simmes.

Luth à 10 choeurs, d’après Hans Frei, fait par György Lõrinczy.